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Négocier les financements d’investissements

Dernière mise à jour :

Comment préparer la demande de financement d'investissement ?


Sommaire


Pour toutes les demandes de financement, voici les questions de base auxquelles il faut répondre :

  1. Quel est l’objet de l’investissement ?

  2. Quelle est son utilité ?

  3. Comment le financement sollicité sera-t-il remboursé ?

Une présentation précise de l’investissement est nécessaire.

Pour un ensemble immobilier, la localisation, la description technique, les plans sont un minimum attendu.

Pour des matériels, la banque apprécie d’avoir une description issue du catalogue du fournisseur.

Si l’investissement est l’achat ou la construction d’un bien immobilier, l’analyse est différente selon qu’il s’agit d’un immeuble de bureau en centre-ville, d’une usine spécifique en zone industrielle, d’un entrepôt banalisé et divisible. Elle tient compte de l’accessibilité et des facilités de stationnement, ainsi que des caractéristiques techniques propres à l’activité, par exemple la protection de la chaine du froid.

Si cette acquisition se substitue à une location, le montant des remboursements de crédits se compare au montant du loyer économisé. Il en est de même en ce qui concerne les charges d’exploitation de l’immeuble, qui peuvent évoluer favorablement avec une construction neuve à basse consommation d’énergie.

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L’investissement peut être un investissement de capacité, de productivité ou réglementaire

L’investissement est réglementaire pour satisfaire une obligation de  normes dont le respect conditionne le droit à poursuivre l’exploitation. Dans ce cas, il représente une charge sans apporter de recettes supplémentaires, ni d’économies en contrepartie. Pour  qu’il puisse être financé par un crédit,  l’analyse doit montrer que l’amortissement de cet investissement est supportable face à la rentabilité moyenne des dernières années. Dans le cas inverse, la seule possibilité réside dans un recours à une augmentation des fonds propres.

Si l’investissement a pour but de développer la capacité de production, l’analyse des perspectives d’évolution des ventes est primordiale. La croissance attendue du chiffre d’affaires doit rapidement permettre un taux d’utilisation convenable des matériels.

Si le but de l’investissement est de réaliser des gains de productivité, la démonstration porte alors principalement sur leurs matérialisations. Les économies attendues sont explicitées et valorisées, sans oublier les conditions connexes à leurs réalisations, comme la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Dans le cas où un tel plan s’avère nécessaire, son coût fait partie du programme d’investissement à financer.

Pour tous les investissements corporels, le financement peut se faire sous forme de crédit-bail (leasing) ou de crédit classique. Une garantie sur les biens financés (hypothèque ou nantissement  selon leur nature) conforte alors l’opération de crédit. Si les investissements sont « immatériels », leur financement est moins aisé à monter auprès de la banque, qui se voit confrontée à des difficultés pour trouver des garanties liées à cette opération. Il faut prévoir un recours à OSEO, qui  étudie cette demande et, en cas d’accord sur celle-ci, délivre une contre-garantie partielle qui facilite le montage. 

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L’investissement peut aussi être de type financier : acquisition de titres de participation ou renforcement du Fonds De Roulement

NB1: Pour ces deux cas particuliers, se reporter aux fiches  « négocier le financement d’une croissance externe » et « négocier le financement des besoins de trésorerie » 

En complément des éléments descriptifs, il faut établir un plan de financement.

Celui-ci doit être équilibré et dégager un excédent dès la deuxième année.

La prévision de marge brute d’autofinancement est à justifier, notamment dans ses évolutions, en particulier par référence aux exercices passés. La durée du financement doit être de préférence inférieure ou égale à celle de l’amortissement fiscal, sauf cas particulier où la durée de vie  économique est notoirement supérieure. Dans ce cas, une période de crédit un peu plus longue que cette référence est négociable.

NB2 : se reporter à la fiche « Connaître les limites d’interprétation, préparer l’argumentaire, prévoir les demandes »

Le cas pratique suivant donne un exemple de réalisation d’un plan de financement.

DUCHENE SARL  est une entreprise de menuiserie en bois spécialisée dans les portes et fenêtres.

Son dernier bilan (2012) se résume ainsi :

ACTIF

PASSIF

IMMOBILISATIONS NETTES

625

CAPITAL

250

STOCKS

500

RESERVES

175

CLIENTS

1100

C/C ASSOCIES

150

DIVERS

25

EMPRUNTS A TERME

150

FOURNISSEURS

1400

BANQUES

125

Total actif

2250

Total passif

2250

Effets escomptés non échus

1400

Le gérant minoritaire, avec 40% du capital, désire diminuer sa dépendance au secteur du bâtiment. Il décide de lancer, début 2014, une ligne de produits d’équipement de  jardin. Pour développer ce projet, il va acquérir, fin 2013, des machines pour un coût total HT de 350K€, fiscalement amortissables sur 5 ans.

Les études de marché et simulations menées préalablement laissent à penser que l’entreprise devrait connaître l’évolution suivante : 

REALISE

PREVISIONS

2011

2012

2013

2014

2015

2016

CAHT

12750

13000

13050

14000

14200

14300

Résultat

100

110

100

150

155

160

Amortissements

125

120

115

175

170

170

Les investissements courants (outillages) devraient quant à eux être respectivement de 25 K€ en 2013; 35 en 2014; 50 en 2015 et 2016.

La trésorerie est actuellement équilibrée grâce à une utilisation régulière de l’escompte ; un renforcement du fonds de roulement est envisagé. Les besoins sont estimés à 150K€ pour alléger la trésorerie actuelle et 100K€ supplémentaires sont nécessaires pour faire face au développement prévu de l’activité en 2014.

Les actionnaires qui se sont contentés d’un dividende représentant 35% des résultats jusqu’en 2012 réclament désormais un niveau de distribution de 50% à partir de l’exercice 2013.

Une cession d’un terrain hors exploitation devrait avoir lieu en 2015. Elle devrait rapporter 20K€ net.

L’endettement de l’entreprise réside en trois emprunts dont le plan de remboursement cumulé est de 75 K€ en 2013 ; 50 en 2014 et 25  en 2015.

Pour financer son plan de développement, le gérant est disposé à apporter dès maintenant 50K€ en compte courant d’associé, qu’il s’engage à laisser pendant la durée des crédits que lui accordera la banque pour financer ses projets actuels.

Le plan de financement qui a été établi est le suivant :

                   
       

REALISE

PREVISIONS

       

2011

2012

2013

2014

2015

2016

   

CAHT

 

12750

13000

13050

14000

14200

14300

   

résultat

 

100

110

100

150

155

160

   

amortissements

125

120

115

175

170

170

       
       

Investissements corporels

(machines)

 

350

autres investissements

(courant)

 

25

35

50

50

restructuration trésorerie (fonds de roulement)

250

remboursement emprunts anciens

 

75

50

25

0

remboursement nouvel emprunt machine

 

75

75

75

remboursement nouvel emprunt fonds de roulement

87,5

87,5

0

dividendes

     

35

35

38,5

50

75

77,5

       
   

besoins

 

738,5

297,5

312,5

202,5

       

apport en c/c associé

   

50

0

0

0

cessions d’actifs

   

0

0

20

0

emprunts nouveaux investissements

 

300

0

0

0

emprunt restructuration de trésorerie

 

175

0

0

0

marge brute d'autofinancement

 

225

230

215

325

325

330

       
   

ressources

 

740

325

345

330

       
   

écart

 

1,5

27,5

32,5

127,5

   

écart cumulé

 

1,5

29

61,5

189

Les financements accordés sont :

  • restructuration de trésorerie 175 K€ durée 2 ans

  • financement des machines : 300K€ durée 4 ans 

    Ratios de structure :

    FP/DT                                      1.11

    FP/ET                          1.11

    DT/MBA                       2.5

     NB : se reporter à la fiche « Connaître les limites d’interprétation, préparer l’argumentaire, prévoir les demandes »



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