Newsletter saisir un email

Différence entre résultat comptable et trésorerie

Dernière mise à jour :

Parce que la comptabilité est une comptabilité d’engagement, le résultat net de l’entreprise peut parfois être nettement différent du solde de trésorerie en fin d’exercice. Il convient donc de s’intéresser non pas  l’enregistrement de l’opération elle-même mais de son encaissement ou son décaissement.

Nous allons étudier ici d’où viennent principalement ces différences.


Sommaire


Haut ↑

La comptabilité d’engagement

Il s’agit d’un concept très simple : un produit (une vente) est comptabilisée à son exécution et on à sa date de paiement. Ce qui signifie qu’une prestation fournie le 30/12/n mais payée le 05/01/n+1 de l’année suivante sera bien comptabilisée comme un produit l'année n et viendra donc augmenter le résultat de l’entreprise. Par contre l’encaissement ne se fera que l’année suivante, d’où l’existence d’un décalage de trésorerie entre les deux années.

Il en est de même pour les charges. Il peut y avoir un délai entre l’enregistrement de celles-ci et leurs règlements.

Haut ↑

L’impact des décaissements et encaissements hors compte de résultat

Le résultat comptable est la résultante de la différence entre les produits et les charges. Mais tous les décaissements ne sont pas des charges : certains trouvent leurs sources au niveau du bilan et non pas au niveau du compte de résultat. Comme par exemple les remboursements d’emprunts ou la distribution de dividendes. De même, certains encaissements n’apparaissent pas au compte de résultat, comme une augmentation de capital par exemple.

Haut ↑

Les comptes impactant directement la trésorerie

Nous allons ici lister les comptes impactant directement la trésorerie.

Les comptes clients

 Les comptes clients apparaissent lors d’une vente. A ce moment le compte de résultat est impacté positivement (hausse des produits) alors que la trésorerie n’est pas touchée. En effet, l’augmentation des comptes clients signifie que le règlement n’a pas eu encore lieu. Cette conséquence a un effet pervers quant au calcul de l’impôt dû : l’entreprise se retrouve à payer de l’impôt sur les sommes non encore perçues.

Pour calculer les sommes réellement perçues lors des ventes, il suffit de faire ce petit calcul :

Montant du chiffre d’affaire  – variation des comptes clients.

Si les comptes clients ont progressé, nous verrons alors notre trésorerie décroitre.

Les comptes fournisseurs et le compte de stock

Il en est de même pour les comptes fournisseurs. Au moment de l’achat, le compte des charges sera débité et donc viendra  diminuer le résultat mais si aucun règlement n’a eu lieu, la trésorerie ne sera pas impactée.  

Quand on calcule un résultat comptable on tient compte non pas des achats mais des consommations.

Cela veut dire que l’on soustrait des ventes les achats consommés (mais pas forcément achetés l’année même).

Prenons quelques exemples.

Imaginons que tout est encaissé et décaissé cash et qu’il n’y ait ni ponction ni augmentation de stocks.

Ventes 10.000
Achats 6.000
Variation de stock 0

Dans ce cas mon résultat est de 4.000 et ma trésorerie de 4.000.

Maintenant imaginons que tout est encaissé cash et payé cash mais que l’on ait augmenté les stocks de + 1000.

Ventes 10.000 encaissements 10.000
Achats 6.000 décaissements 6.000
Variation de stock - 1.000 décaissements 0
Résultat 5.000 trésorerie 4.000

En effet je n’ai consommé que 5 000 (6 000 achetés mais 1 000 restant en stock).

Et pour finir, 50 % des ventes sont cash, de même pour 30% des achats. Nous avons diminué nos stocks de 1 000.

Ventes 10.000 encaissements 5.000
Achats 6.000 décaissements 1.800
Variation de stock 1.000 décaissements 0
Résultat 3.000 trésorerie 3.200

Les dotations aux amortissements et aux provisions

Les dotations sont des charges qui viennent diminuer le résultat. Et pourtant étant des charges calculées, elles ne sont pas décaissables. Elles n’ont donc aucune influence sur la trésorerie.

Les autres comptes de résultat

Les autres comptes de résultat ont aussi un impact.

Prenons l’exemple des rémunérations. Imaginons celles-ci comptabilisées en fin de mois mais payées au début du mois suivant. Elles apparaissent en charges mais leur décaissement n’a pas encore eu lieu. L’impact en trésorerie sera donc nul.

Haut ↑

Les autres comptes impactant la trésorerie

Les emprunts

Ils n’apparaissent pas au compte de résultat. En effet les emprunts sont dans le bilan. Pourtant quand on rembourse un emprunt, on réduit mécaniquement sa trésorerie. De même, quand on emprunte, rien n’apparait au compte de résultat, hormis les frais financiers et pourtant la trésorerie augmente.

Les immobilisations

L’achat ou la vente d’une immobilisation n’impacte pas le compte de résultat, hormis au niveau des dotations aux amortissements. Mais un achat cash va contribuer à diminuer celle-ci tandis que la cession d’une immobilisation va augmenter la trésorerie de l’entreprise.

Les opérations en capital

Aucune opération en capital n’apparait dans le compte de résultat.

Une augmentation de capital ou un apport en compte courant aura un impact positif sur le trésorerie, tandis qu’une distribution de dividendes  viendra diminuer celle-ci.

Haut ↑

Conclusion

Comme nous l’avons vu de multiples facteurs influent sur la trésorerie d’une entreprise. Contrairement à une idée répandue, la capacité d’autofinancement (CAF) ne permet pas le calcul de la trésorerie après l’ensemble de ces opérations.

Seul le calcul des cash-flows le peut.



Commenter cet article


Espace membre
pour que votre réaction soit publiée immédiatement, merci de vous connecter à votre compte

Se connecter et publier

Vous n'êtes pas encore inscris
sur LegiSocial.fr

S'inscrire et publier

Commentaire libre
Vous pouvez réagir sans vous inscrire, votre
commentaire n'apparaîtera en liqne qu'après
modération.






Copyright (c) PME-Gestion - http://www.pme-gestion.fr/