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Notion et caractéristiques d'un investissement

Dernière mise à jour :

Afin de mener à bien leur activité et leur développement, les entreprises doivent procéder à des investissements qui les engageront sur plusieurs années et souvent pour des montants importants.

Avant toute décision d’investissement, une analyse préalable est nécessaire pour définir les caractéristiques de l’investissement et notamment déterminer les flux nets de trésorerie générés par le projet.


Sommaire


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La notion d’investissement

Un investissement est une sortie de trésorerie ayant pour but de modifier durablement le cycle d’exploitation de l'entreprise. L’investissement a pour but d’accroître les recettes futures. Le surcroît de recettes créé par l’investissement doit être suffisant pour assurer sa rentabilité.

Même si dans un premier temps, il diminue la trésorerie de l’entreprise ainsi que ses bénéfices, l’investissement revêt un caractère stratégique dans la mesure où il permet de créer de la valeur et d'assurer la croissance à long terme.

La notion d’investissement renvoie la plupart du temps à la notion comptable d’immobilisation.

Selon le plan comptable général, une immobilisation est un élément identifiable du patrimoine (séparable des activités, susceptible d'être transféré et évalué avec une fiabilité satisfaisante) ayant une valeur économique positive pour l’entité et qui sert l'activité de façon durable et ne se consomme pas par le premier usage. L’entité espère de l’immobilisation qu’elle génère des avantages économiques (flux nets de trésorerie).

La notion d’investissement représente de manière générale un engagement initial de fonds générant sur plusieurs années des gains. Elle dépasse ainsi la notion d’immobilisation en intégrant en plus des dépenses comme la formation du personnel et les dépenses publicitaires.

L’investissement présente ainsi les caractéristiques suivantes :

  • Un engagement de fonds initial important
  • Il engage l’entité à long terme
  • L’entité attend de cet investissement des flux nets de trésorerie positifs permettant de rentabiliser l’investissement
  • Il est risqué car les gains attendus sont incertains
  • Il nécessite un financement à long terme

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Typologie des investissements

Il existe plusieurs typologies des investissements. Le plan comptable général propose de classer les immobilisations en trois catégories (corporelles, incorporelles et financières).

Dans un but managérial, on retiendra davantage une classification par objectif :

Investissement de renouvellement

Investissement destiné à remplacer une immobilisation usée.

Investissement de productivité 

Investissement permettant de produire à un coût unitaire plus faible.

Investissement de capacité 

Investissement permettant d’augmenter les quantités produites par l’entreprise.

Investissement de modernisation 

Investissement comportant des innovations technologiques permettant notamment de produire avec une meilleure qualité ou en proposant de nouvelles caractéristiques.

Investissement improductif

Investissement sans objectif direct de maintien, de hausse ou d’amélioration de la production. On retrouve dans cette catégorie :

  • les investissements sociaux : ils permettent d’augmenter la satisfaction des salariés (exemple : machine à café)
  • les investissements de sécurité : ils permettent d’être en conformité avec la législation et d’éviter les accidents
  • les frais de recherche et développement

Cette catégorie d’investissement, contrairement aux quatre premières, ne peut faire l’objet d’un calcul de rentabilité. D’autres critères seront utilisés comme la satisfaction du personnel.

Un investissement peut se retrouver dans plusieurs de ces catégories dans la mesure où une même machine peut accroître les capacités de production, être plus productive et intégrer des innovations (modernisation).

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Les caractéristiques d’un projet d’investissement

Le capital investi 

Il s’agit de la trésorerie investie par l’entreprise dans le projet.

Le capital investi comprend :

  • Le prix d’achat HT
  • Les frais accessoires (frais de transport et d’installation notamment)
  • Le coût de formation du personnel
  • L’augmentation du besoin en fonds de roulement (BFR) : les investissements permettent une hausse du chiffre d’affaires qui débouche sur une hausse des créances clients, des stocks de matières premières et de produits finis. L’impact est donc négatif sur la trésorerie. Néanmoins ce décalage est rattrapé à la fin de la durée de vie de l’investissement.

La durée de vie 

La connaissance de la durée de vie de l’investissement est indispensable pour évaluer les gains attendus. On retient la durée pendant laquelle le projet génère des flux de trésorerie positifs.

A défaut d’information précise à ce sujet, on retient dans ce cas la durée d’amortissement de l’immobilisation.

La valeur résiduelle 

La valeur résiduelle représente le prix de revente de l’investissement à la fin du projet.

Cette revente permet le plus souvent de dégager une plus-value dans la mesure où l’immobilisation est généralement totalement amortie.

Pour l’évaluation du flux de trésorerie correspondant, on retient une valeur résiduelle nette d’impôt sur les bénéfices.

Les flux de trésorerie générés par l’investissement (cash-flow)

Les étapes du calcul

L’évaluation des flux nets de trésorerie prévisionnels générés par le projet va permettre de mesurer sa rentabilité.

Flux nets de trésorerie = Encaissements imputables au projet – Décaissements imputables

Les encaissements et décaissements sont obtenus tout au long de l’année. Par simplification des calculs, on considère qu’ils sont obtenus en fin d’année.

La détermination des flux nets de trésorerie s’opère selon les étapes suivantes :

1)Calcul des excédents bruts d’exploitation dégagés chaque année par l’investissement

2)Calcul du résultat net après impôt
Résultat net = EBE – Dotations – impôt sur les bénéfices

3)Calcul de la capacité d’autofinancement (CAF)
CAF = Résultat net + Dotations aux amortissements

4)Calcul du BFR annuel
BFR = Créances clients + Stocks – Dettes fournisseurs.

5)Détermination des flux nets de trésorerie (FNT) ou cash-flow

FNT = (CAF + Récupération BFR + Valeur résiduelle) – (Investissement + Augmentation du BFR)

Exemple

La société IRSO est spécialisée dans la fabrication de montres « moyen de gamme ». Elle vient de décrocher un important contrat avec la centrale d’achat d’une franchise de bijoutier.

Le contrat prévoit l’achat d’au moins 100.000 montres pour l’an prochain. Les prévisions suivantes sont réalisées :

N+1 : 100.000 montresN+4 : 150.000 montres

N+2 : 110.000 montresN+5 : 150.000 montres

N+3 : 125.000 montres

Le prix de vente des montres à la centrale d’achat est fixé à 60 € unitaire HT les 3 premières années et à 58 € HT en N+4 et N+5.

Les matières premières s’élèvent à 35 € par montre.

Pour faire face à ces commandes, la société IRSO prévoit de faire l’acquisition de nouvelles machines de production, estimées à 4.000.000 €, amortissables en linéaire sur 5 ans.

Le coût des charges de personnel, charges sociales comprises, est estimé à 200.000 € par an. On estime la hausse de ce coût à 3% par an.

Les autres charges fixes hors amortissements sont évaluées à 60.000 € par an.

Au bout de 5 ans, la société IRSO espère revendre les nouvelles machines pour 400.000 € HT.

L’analyse du projet sera effectué en tenant compte d’un taux d’impôt sur les sociétés de 33,1/3%.

Les fournisseurs (matières premières et autres charges fixes) sont réglés à 45 jours, la centrale d’achat règle sous 60 jours.

Les stocks sont évalués à 15 jours d’achat de matières premières.

Par souci de simplification, on ne tiendra pas compte du besoin en fonds de roulement liés aux créances et dettes fiscales et sociales.

Le P-DG de la société IRSO souhaite évaluer les flux nets de trésorerie de ce projet.

Evaluation des capacités d’autofinancement

 

N+1

N+2

N+3

N+4

Prix de vente unitaire (1)

60

60

60

58

58

Coût unitaire matières premières (2)

35

35

35

35

35

Marge sur coût variable unitaire (3) = (1) - (2)

25

25

25

23

23

Quantités vendues (4)

100 000

110 000

125 000

150 000

150 000

Chiffre d'affaires (5) = (1) x (4)

6 000 000

6 600 000

7 500 000

8 700 000

8 700 000

Matières premières (6) = (2) x (4)

3 500 000

3 850 000

4 375 000

5 250 000

5 250 000

Marge sur coût variable totale (7) = (5) - (6)

2 500 000

2 750 000

3 125 000

3 450 000

3 450 000

Main d'œuvre (8)

200 000

206 000

212 180

218 545

225 102

Autres charges fixes hors amortissement (9)

60 000

60 000

60 000

60 000

60 000

Excédent Brut d'exploitation (10) = (7) - (8) - (9)

2 240 000

2 484 000

2 852 820

3 171 455

3 164 898

Dotations aux amortissements (11)

800 000

800 000

800 000

800 000

800 000

Résultat avant impôt (12) = (10) - (11)

1 440 000

1 684 000

2 052 820

2 371 455

2 364 898

Impôt sur les sociétés (13) = (12) x 33,1/3%

480 000

561 333

684 273

790 485

788 299

Résultat net (14) = (12) - (13)

960 000

1 122 667

1 368 547

1 580 970

1 576 599

Capacité d'autofinancement (15) = (14) + (11)

1 760 000

1 922 667

2 168 547

2 380 970

2 376 599

Evaluation du besoin en fonds de roulement

 

N+1

N+2

N+3

N+4

N+5

Créances clients (16)

1 000 000

1 100 000

1 250 000

1 450 000

1 450 000

Stocks (17)

145 833

160 417

182 292

218 750

218 750

Dettes fournisseurs (18)

445 000

488 750

554 375

663 750

663 750

Total BFR (19)

700 833

771 667

877 917

1 005 000

1 005 000

Variation du BFR (20) = (16) + (17) - (18)

700 833

70 833

106 250

127 083

0

(16) Créances clients : 60 jours soit 2 mois de ventes. Pour N+1, Créances clients = 6.000.000 x 2/12 = 1.000.000 €.

(17) Stocks : 15 jours d’achat de matières premières. Pour N+1, Stocks = 3.500.000 x 15/360 = 145.833 €.

(18) Dettes fournisseurs : 45 jours d’achat de matières premières et autres charges fixes.

Pour N+1, Dettes fournisseurs = (3.500.000 + 60.000) x 45/360 = 445.000 €.

Calcul des flux nets de trésorerie

 

Début N+1

N+1

N+2

N+3

N+4

N+5

Investissement

4 000 000

Variation du BFR

700 833

70 833

106 250

127 083

0

Total décaissements

4 000 000

700 833

70 833

106 250

127 083

0

Capacité d'autofinancement

1 760 000

1 922 667

2 168 547

2 380 970

2 376 599

Récupération du BFR

   

1 005 000

Vente des machines, nette d'IS

   

266 667

Total encaissements

0

1 760 000

1 922 667

2 168 547

2 380 970

3 648 265

Flux nets de trésorerie

-4 000 000

1 059 167

1 851 833

2 062 297

2 253 886

3 648 265

La prise en compte des flux nets de trésorerie nécessite de ne prendre en compte que les charges ou produits ayant un impact sur la trésorerie, d’où la prise en compte de la capacité d’autofinancement à la place du résultat net.

Le contrat se termine à la fin de la 5ème année. A ce moment, l’entreprise règle ses dernières factures, vend ses stocks et encaisse les dernières ventes. Le BFR est donc récupéré fin N+5 (700.833 + 70.833 + 106.250 + 127.083 = 1.005.000 €).

Plus-value nette d’IS sur la cession des machines = 400.000 – 400.000 x 33,1/3% = 266.667 €.

Compte tenu de ces calculs, l’investissement semble rentable. De N+1 à N+5, il dégage un flux net de trésorerie cumulé de 10.875.449 € soit plus que le montant de l’investissement.

Néanmoins, avec ce raisonnement en considère que les flux de trésorerie prévus en N+1, ont la même valeur que ceux prévus en N+5. On procède en général à une actualisation des flux futurs pour déterminer la valeur actuelle nette (VAN) du projet (voir à ce sujet la fiche : « Les méthodes de choix des investissements ».



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